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dimanche 4 décembre 2016

Fou! L'atlas des géographes d'Orbae a vingt ans


Vingt ans déjà depuis la sortie du premier des trois tomes du prodigieux atlas imaginaire de François Place, l'"Atlas des géographes d'Orbae"  (Casterman), cela paraît dingue. Je m'en rappelle comme si c'était hier. Il faut dire que l'idée d'imaginer vingt-six pays dont les frontières suivraient le tracé des lettres de l'alphabet et qui abriteraient autant d'univers distincts était particulièrement fascinante. Combien de lecteurs n'a-t-elle pas enchantés, réjouis, émerveillés, nourris?

Se sont suivis "Du pays des Amazones aux îles Indigo", "Du pays de Jade à l'île Quinookta" et "De la Rivière Rouge au pays des Zizotls" (Gallimard-Casterman, 142 pages chacun). Six ans de travail!  Aujourd'hui, cette superbe création est disponible sous forme d'un coffret, contenant les deux volumes de la nouvelle édition de l'"Atlas": maquette rénovée, format différent, nouvelle typographie.

L'"Atlas" complet, ce sont donc ving-six aventures, une par lettre de l'alphabet. Un ensemble d'explorations imaginaires, construites par l'auteur-illustrateur français fasciné par les récits de voyages et les atlas anciens. Chaque pays est cartographié avec précision, selon le tracé de la lettre initiale de son nom. Il est le lieu d'une aventure tellement bien rêvée qu'on la croirait vraie. Le périple est soutenu par des illustrations époustouflantes. François Place dessine comme les cartographes d'hier: ses personnages minuscules invitent le lecteur à se substituer à eux dans les décors grandioses. Ses aquarelles minutieuses et poétiques se complètent de pages documentaires, carnets de croquis rapportés de pays lointains.

Pour célébrer le bel anniversaire de son merveilleux "Atlas des géographes d'Orbae"François Place a créé un nouveau dessin légendé pour chacun des 26 pays imaginaires qu'il nous fait visiter.


Les voici, de A à Z, du Pays des Amazones au Pays des Zizotls, avec l'aimable autorisation des Editions Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

(c) François Place/Casterman.

Des merveilles, non?


Ces illustrations sont protégées par le droit d'auteur, et ne peuvent être utilisées sans l'autorisation des Editions Casterman S.A. Toute reproduction ou utilisation non autorisée est constitutive de contrefaçon et passible de poursuites pénales.


samedi 3 décembre 2016

Les bestioles de Marie Wabbes exposées

Œuvres de Marie Wabbes à découvrir au Wolf.

Celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de visiter la grande exposition rétrospective de Marie Wabbes à la Wittockiana cet été (lire ici) peuvent se rattraper en se rendant au Wolf  (18/20 rue de la Violette 1000 Bruxelles), juste à côté de la Grand-Place de Bruxelles, où se tient jusqu'au 10 janvier une petite exposition thématique des œuvres animalières de cette grande dame de la littérature jeunesse. Celles et ceux qui l'ont vue peuvent bien entendu y aller aussi.

Dessin de Marie Wabbes.
Quand on sait l'amour que l'auteure-illustratrice porte à la nature, comment elle s'occupe magnifiquement des animaux, chiens, chats, poules, pintades, perroquets, chevaux, poneys en plus de sa grande attention aux humains, on se doute qu'on va être gâtés. Surtout qu'au cours de ses innombrables voyages, Marie Wabbes a toujours rempli des carnets de croquis des animaux qu'elle découvrait. En plus de ceux qui nous sont familiers, domestiques ou sauvages, on découvrira la faune d'Afrique du Nord et d'Afrique centrale. Entre autres.

Dessin de Marie Wabbes.
Aux cimaises du Wolf, des bestioles de toutes tailles, des plus petites (têtards, souris, …) aux plus grosses (éléphants, juments,..). Une trentaine d'œuvres en tout dont "Le cheval Tempête", un album pour enfants non publié (l'histoire en quatorze dessins d'une jument égarée), des carnets de croquis, des esquisses préparatoires et des trésors du passé. Comme le livre présenté par Marie alors étudiante à un jury de la Cambre en 1954, ou ce dessin de lignes électriques qui deviendra un foulard carré.

Deux dates à retenir

Le dimanche 18 décembre à 11 heures, Marie Wabbes vous propose de faire le portrait de  votre ours préféré
Le mercredi 21 décembre à 15 heures, visite de l'exposition en sa compagnie, goûter et chocolat chaud (gratuit mais sur inscription).


Dessin de Marie Wabbes.






vendredi 2 décembre 2016

De la Reine des fourmis au Cirque Bouglione

François Roca et Fred Bernard. (c) Albin Michel Jeunesse.
Un anniversaire (25 ans d'amitié, 20 ans d'édition) et trois livres.

Qui aurait dit il y a vingt ans que ces deux frais diplômés de l'école Emile Cohl à Lyon allaient créer plus de vingt albums pour enfants ensemble (vingt-deux exactement, dont dix-huit chez Albin Michel Jeunesse, lire ici), sans oublier quelques pas de côté pour chacun, en solo ou en autres duos?

C'est pourtant la belle aventure éditoriale - et amicale - que vivent Fred Bernard et François Roca depuis la sortie en 1996 de "La Reine des fourmis a disparu" (Albin Michel Jeunesse). Un premier titre qui ressort pour cet anniversaire et se prolonge d'une certaine manière dans le dernier album en date du duo, le magnifique "Le Fantôme du Cirque d'hiver" (Albin Michel Jeunesse, 44 pages). Après l'Opéra (lire ici), on va donc visiter cet autre lieu historique parisien qu'est le Cirque Bouglione.

Dans ce nouveau grand format aux illustrations particulièrement réussies avec leurs couleurs chaudes, leurs jeux de lumière et les angles originaux qu'elles posent sur les différentes activités du cirque, on assiste au dialogue entre un singe, Spirit, et un perroquet, Dino, qui vivent tous les deux chez les Bouglione. Le premier est convaincu d'avoir vu, ou au moins entendu, un fantôme, phénomène normal  à ses yeux dans un lieu aussi chargé d'histoire. Le second, par ailleurs lecteur amateur de son état, en doute et pas qu'un peu.

Spirit et Dino enquêtent. (c) Albin Michel Jeun.

Y croire, ne pas y croire? Les compères se disputent, à leur habitude comprend-on. Ils finissent par trouver un compromis et décident de partir enquêter ici et là à propos de l'existence de ce fantôme. Le lecteur va suivre toutes leurs péripéties et rencontrer au passage les différents animaux et artistes hébergés au Cirque d'hiver. Tigres, éléphants, chat, chevaux, cacatoès, chien, danseuses, dresseur... chacun a sa version à proposer, confirmant le plus souvent ou infirmant parfois l'hypothèse de l'oiseau.

Les fauves ont un dompteur écossais. (c) Albin Michel J.

Dino triomphe, Spirit se laisse à son tour prendre par l'excitation de la découverte. Mais la journée avance et la représentation du soir commence. Les acrobates s'élancent puis laissent la piste à la nouvelle attraction, la Latino-Américaine Marina Ants et ses fourmis rouges! Oui des fourmis. Un numéro particulièrement stupéfiant qui réjouit petits et grands autant que le singe et le perroquet. Le fantôme du cirque existerait donc bien! Réponse définitive dans la conclusion technologiquement contemporaine de cet album passionnant, plein de rebondissements.

Les numéros se suivent. (c) Albin Michel Jeunesse.

Ce qui est amusant et ne se voit pas nécessairement tout de suite, c'est que le dialogue entre Dino et Spirit est signalé par le médaillon de leur tête posé au-dessus des textes. Un ping-pong réjouissant que cette narration alternée, qui nécessite de toujours prêter attention à l'identité de celui qui parle, révèle plein d'aspects de la personnalité des enquêteurs (dont leurs surnoms très rigolos), introduit un agréable suspense et distille quelques infos en autant de digressions plaisantes. J'ai l'impression que Fred Bernard s'est plus lâché qu'auparavant dans ce texte savoureux et jubilatoire. Quant à François Roca, il nous peint des scènes de cirque de toute beauté, avec des angles de vue qui en augmentent encore le plaisir et un formidable jeu sur les lumières. "Le fantôme du Cirque d'hiver" est un très bel album qui boucle ces vingt ans de travail en commun - pour le moment.

Marina Ants, la nouvelle attraction. (c) Albin Michel J.

Pour voir les deux lascars complices présenter leur aventure, c'est ici.






Pour tout savoir, ou presque, sur les deux artistes, on consultera avec intérêt l'essai illustré "Fred Bernard & François Roca, créateurs d'aventures" (Albin Michel Jeunesse/ La bulle, 64 pages), concocté par plusieurs personnes à l'occasion de leur anniversaire. Un livre de bon format rendant grâce aux illustrations. La couverture en est une merveille, une peinture de François Roca reprenant tous les personnages qui sont nés depuis 1996 de son tandem avec Fred Bernard.

Au sommaire:
  • l'interview des deux créateurs que j'ai eu le bonheur de faire
  • la présentation chronologique de leurs 22 albums (autant de doubles pages)
  • une carte du monde situant les histoires
  • un abécédaire détaillant l'univers de Fred Bernard et François Roca
  • leurs bibliographies


Reconnaissez-vous ces personnages, nés depuis 1996? (c) Albin Michel Jeunesse.





jeudi 1 décembre 2016

Les 20 meilleurs livres 2016 selon "Lire"


En léger différé depuis Paris, 
le classement annuel du magazine "Lire"

Meilleur livre de l'année: "Le nouveau nom" d'Elena Ferrante (traduit de l'italien par Elsa Damien, Gallimard)
Meilleur roman français: "Repose toi sur moi" de Serge Joncour (Flammarion)
Meilleur roman étranger: "La route étroite vers le nord lointain" de Richard Flanagan (traduit de l'anglais (Australie) par France Camus-Pichon, Actes Sud)
Révélation française: "Règne animal" de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)
Révélation étrangère: "Station Eleven" de Emily St John Mandel (traduit de l’anglais (Etat-Unis) par Gérard de Chergé, Rivages)
Meilleur premier roman français: "Désorientale" de Negar Djavadi (Liana Levi)
Meilleur premier roman étranger: "Les maraudeurs" de Tom Cooper (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty, Albin Michel)
Meilleur livre d'enquête: "Laetitia ou la fin des hommes" de Ivan Jablonka (Seuil)
Meilleures mémoires: "Le tunnel aux pigeons, Histoires de ma vie" de John Le Carré (traduit de l'anglais par Isabelle Perrin, Seuil)
Meilleur essai: "Une colère noire, lettre à mon fils" de Ta-Nehisi Coates (Autrement)
Meilleur livre sur l'art: "Être ici est une splendeur" de Marie Darrieussecq (P.O.L., lire ici)
Meilleur polar: "Cartel" de Don Winslow (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Seuil)
Meilleure biographie: "Simon Leys: navigateur entre les mondes" de Philippe Paquet (Gallimard)
Meilleur livre d'histoire: "L'Europe en enfer" de Ian Kershaw (traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup, Seuil)
Meilleur livre de sciences: "Alexandre Grothendieck" de Philippe Douroux (Allary)
Meilleure BD: "Ce qu'il faut de terre à l'homme" de Martin Veyron (Dargaud)
Meilleur livre de science-fiction: "La maison dans laquelle" de Mariam Petrosyan (traduit du russe par Raphaëlle Pache, Monsieur Toussaint Louverture)
Meilleur livre jeunesse: "Génération K" de Marine Carteron (Rouergue)
Meilleur récit de voyage: "Boire et déboires en terre d'abstinence" de Lawrence Osborne (Hoëbeke)
Meilleur livre audio: "Vous n'aurez pas ma haine" d'Antoine Leiris, lu par André Dussolier (Audiolib) 



Le Prix Rossel 2016 décerné à Hubert Antoine

Hubert Antoine.


Dix ans après avoir publié "Introduction à tout autre chose" (Gallimard, Verticales, 144 pages, 2006), un ensemble de soixante textes courts, autoportrait ironique d'un aventurier immobile, d'un rêveur chamanique, d'un monstre de solitude, d'un épicurien contrarié, bref, d'un évadé de la société, Hubert Antoine a publié son premier roman en janvier de cette année. "Danse de la vie brève" (Gallimard, Verticales, 228 pages) se déroule au Mexique, pays où vit depuis vingt ans ce Namurois d'origine. S'il est installé dans la ville de Guadalajara, il a choisi celle de Oaxaca pour sa fiction.

Avec ce premier roman, il remporte le 73e Prix Victor Rossel, parrainé par Jean Dufaux, scénariste de bande dessinée, le jury ayant délibéré près de trois heures.

Voici ce qu'en dit son éditeur.
"C'est à travers son journal intime que nous découvrons Melitza, une jeune Mexicaine de vingt-trois ans. Trois carnets posthumes datant de 2006  - retrouvés et commentés par son père - retracent sa cavale avec Evo, un "bel indigent" au charme énigmatique. Ensemble, ils partageront tout: expérience hallucinogène, barbarie policière, amour fou et insurrection populaire. Dans ce premier roman, qui doit autant au goût de l'aventure qu'à une écriture aux images décalées, chaque événement, du plus sensuel au plus tragique, possède son pas de danse."

Pour lire le début de "Danse la vie brève", c'est ici.

Pour rappel, les quatre autres finalistes de l'édition 2016 du Prix Victor Rossel étaient Claire Huynen ("A ma place", Le cherche-midi),  Emmanuel Régniez ("Notre château", Le Tripode), Giuseppe Santoliquido ("L'inconnu du parvis", Genèse Editions) et Bernard Tirtiaux ("Noël en décembre", JC Lattès).




Pour Anaïs Vaugelade, hip, hip, hip?

Hourra! Et plutôt dix fois, cent fois, mille fois, un million de fois, qu'une. Le nouvel album d'Anaïs Vaugelade, "Comment fabriquer son grand frère, un livre d'anatomie et de bricolage" (l'école des loisirs, 64 pages) est une merveille d'inventivité, de créativité, le croisement inédit entre fiction et science. Un régal que ce format géant qui permet de comprendre la marche du corps humain en étant à la fois informatif, drôle, joyeux et à portée d'enfant. Hourra!

Le pitch est simple. Anaïs Vaugelade le présente ainsi: "Zuza, que certains connaissent déjà, en a assez de sa petite sœur. Une petite sœur c'est nul, ça ne sait rien faire. Elle décide donc de se fabriquer un grand frère, pièce par pièce." Quelle aînée n'en a-t-elle pas rêvé? Exit donc la petite Marianna qu'on retrouvera néanmoins en finale...

Se fabriquer un grand frère est exactement ce qui va se passer dans ce très grand format: "Ouvert, il a la taille d'un enfant d'un an. Alors qu'il m'en a fallu deux pour le faire."  Zuza, que j'espérais tant revoir depuis quatre ans sans me faire trop d'illusions (lire ici) est donc de retour. Avec ses jouets qui seront ses assistants. Et son énorme crocodile bien entendu. Sans oublier l'"Encyclopédie Crocodilis" de ce dernier qu'il lui prête. Parce que les réponses aux questions qu'on se pose se trouvent dedans.

Zuza plongée dans l'"Encyclopédie Crocodilis". (c) Anaïs Vaugelade.

L'album propose de bâtir un vrai humain, comme un jeu de construction, avec des matériaux du quotidien (bois, élastiques, entonnoir, pomme, ketchup, gants en caoutchouc, soufflets...). Zuza, son croco et ses amis jouets vont se heurter à toutes les complications possibles et les dépasser les unes après les autres. Ce n'est pas simple à faire, un grand frère!  Au passage, les constructeurs nous expliquent en détail, avec moult dessins et croquis légendés, comment fonctionne le corps humain. Tout le corps humain! Du squelette à la grossesse. Mais ce qui est ici super, c'est qu'on se heurte d'abord aux difficultés, qu'on cherche ensuite comment les résoudre (merci l'encyclopédie aux pages jaunes comme sa couverture, faciles à identifier) et qu'enfin, les solutions trouvées, viennent se poser les mots scientifiques précis.

L'idée du livre est formidable, proche de l'enfant. Elle vient d'ailleurs du fils de quatre ans de l'auteure-illustratrice. Un jour, il lui a demandé si sa poupée avait comme lui une colonne vertébrale. Les livres d'anatomie ont donc été consultés, mais "souvent", observe Anaïs Vaugelade, "les livres d'anatomie pour enfants sont des livres de démontage: on ouvre le corps, on regarde dedans, on énumère les organes. C'est très descriptif." Elle s'est interrogée: "Et si, au lieu de démonter, on “montait” un corps pièce par pièce? N'aurait-on pas une meilleure compréhension de son fonctionnement?"

Aussitôt dit, aussitôt fait. Enfin, deux ans de travail quand même.

Le dessin original de la première double page. (c) l'école des loisirs.

Détail du récapitulatif des muscles. (c) edl.
L'exercice a été admirablement mené dans "Comment fabriquer son grand frère", un livre à l'approche littéraire mais scientifiquement impeccable. On va suivre Zuza dans toutes les étapes de la fabrication du grand frère avec les moyens du bord: du bois pour le squelette, des morceaux d'élastiques pour les ligaments, des élastiques entiers pour les muscles, des fils électriques pour les nerfs, etc. Je vous laisse la surprise de la suite car les idées de Zuza sont époustouflantes d'invention et de pertinence. Par exemple, des boîtes d'allumettes toutes reliées entre elles pour le cerveau! Il faut voir ce grand frère se construire, se complexifier, jusqu'à espérer qu'il prenne vie. Une autre paire de manches encore....

Ainsi, rien que pour le squelette, cela scie, coupe, mesure, assemble, jusqu'à l'écroulement des bouts de bois juste empilés. D'essais en tâtonnements va surgir l'idée d'articuler les os: les ligaments sont découverts et assemblés. C'est mieux mais ce n'est pas encore gagné. Comment faire pour que le squelette se tienne droit?

Coloriage de la scène sur veille et sommeil. (c) l'école des loisirs.

Ce qui est magique ici, c'est l'alliance féconde entre la poésie de Zuza et de ses acolytes et la pertinence des propos scientifiques. C'est vrai qu'en "montant" un humain, on comprend beaucoup mieux qu'en le "démontant". Chaque double page fourmille d'informations fictionnelles et scientifiques. L'équilibre est parfait, soutenu par l'incroyable beauté des dessins d'Anaïs Vaugelade, par l'imagination de ses personnages. Ceux qui connaissent son œuvre apprécieront les clins d'œil à des albums précédents comme cette allusion aux délicieuses "coquillettes au beurre".

Mise en couleurs de la page où Zuza fabrique reins et vessie. (c) edl.

On l'aura compris, cet album hors du commun, aussi déroutant qu'intelligent, est une réussite totale. Mille choses y sont à lire et à regarder, pour comprendre cette anatomie humaine qui apparaît tout à coup bien plus logique grâce à ces bricoleurs de Zuza, Croco et les jouets. A noter que les sujets abordés apparaissent dans le bas des pages, à côté des folios, ainsi que les récapitulatifs faisant régulièrement le point de ce qui a été déjà agencé. Et qu'une table des matières termine l'ouvrage. Mais si la science y a toute sa place, la fiction s'y défend bien et c'est à elle que reviendra le mot de la fin. Pour tous les âges.

Double page de "vérification générale". (c) l'école des loisirs.

Pour découvrir "Comment fabriquer son grand frère" en en vidéo, c'est ici.