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vendredi 24 novembre 2017

Un semainier d'éminents livres animés

"Le petit peuple du sol" de Philippe UG.(c) Les Grandes Personnes.

Hop! Et que ça saute! Comme annoncé ici, une petite sélection d'excellents livres animés récents (pour peu qu'ils me soient parvenus, vu mes problèmes de poste depuis deux mois, que les autres veuillent bien m'excuser). Des albums pop-up, dont les pages se déploient quand on les tourne (pas de leporello donc, ni de livre à trous).


Le plus réjouissant


La noisette
Anne-Florence Lemasson
Dominique Ehrhard
Les Grandes Personnes
16 pages animées

Décors bleutés d'hiver pour ce petit format sur papier mat plein de poésie et de vie dont les dessins sont constitués d'aplats. Où est la noisette annoncée en titre? L'hiver précoce a pressé les animaux de faire leurs provisions. L'écureuil a perdu une noisette que la souris aurait bien récupérée, mais... la neige a tout recouvert. La mésange qui cherche à manger est chassée par les corbeaux qui font moins les malins devant le chat. Entre-temps, les mois ont passé et quand revient le printemps, dans un vert éclatant, on retrouve la noisette, sous une autre forme. Entre poésie et cours de la vie, l'histoire est racontée de manière absolument charmante, portée par des illustrations de toute beauté. Pour tous dès 3 ans.

L'écureuil se dépêche de faire ses provisions. (c) Les Grandes Personnes.


Le plus poétique


Je suis l'arbre
Eric Singelin
Gallimard Jeunesse
12 pages

Voici le prolongement d'un livre d'artiste de l'auteur dans une édition destinée aux petits et aux grands, entièrement imprimée en encre pantone et rédigée en haïkus. Une histoire qui oscille entre magie et réalité. Un arbre s'élance vers le ciel. La scie de l'homme le coupe. La main de l'homme l'assemble. La chaise prend racine: "Jour après nuit, je m'enracine/ Mon bois frémit et rêve/ A l'infini du ciel". Un nouvel arbre accueille la mésange. Les transformations successives et les sobres scènes animées créent une très belle atmosphère rendant grâce à la nature. Pour tous dès 4 ans.

On entend presque crisser la scie. (c) Gallimard Jeunesse.


Le plus attendu


Popville
Anouck Boisrobert et Louis Pergaud 
texte de Joy Sorman
Hélium
7 pages
réédition

Une nouvelle édition d'un merveilleux pop-up sorti en 2009, travail de fin d'études des auteurs-illustrateurs. De la beauté pure que cet album ingénieux qui montre en relief la croissance d'une ville en ajoutant chaque fois de nouveaux éléments. Au départ, il n'y a qu'une église, deux maisons et quelques arbres. A la fin, c'est une cité avec maisons, gare, tours, usines et même un pont qui se déploie quand on tourne la page. Si les pages animées ne comportent pas de texte (ni de personnages), Joy Sorman raconte à la fin, à sa façon imagée et expressive, la manière dont une ville naît et se métamorphose. Un livre aux pages sobres, graphiques et soignées, qui incite à réfléchir autant qu'à en parcourir les mille détails. Pour tous dès 3 ans.

La ville à l'arrivée de l'album, immense. (c) Hélium.


Le plus mignon


Dans la forêt, il y a...
Annette Tamarkin
Les Grandes Personnes
14 pages animées
réédition

Autre réédition en petit format d'un titre épuisé depuis deux ans (il était paru en 2013) où on se promène en forêt du matin au soir. Une édition qui, à la différence de la première, comporte du texte sous forme de questions dans les doubles pages: "Qui se tient perché sous les arbres?" "Qu'est-ce qui sent si bon?"... Réponse sous forme de dessins en soulevant les rabats des pages. Une histoire graphique colorée et toute simple pour les tout-petits dès 1 an.

Que va découvrir le renard? (c) Les Grandes Personnes.


Le plus rigolo


Les maisons des animaux
Philippe UG
Les Grandes Personnes
20 pages

Ce petit format carré réjouira bien sûr les petits mais enchantera aussi les grands. On y découvre certes l'habitat de divers animaux, l'escargot, l'oiseau, l'écureuil, la taupe, la souris, le chien, l'abeille, le crabe, les poissons mais les légendes, explicatives ou ironiques, plairont beaucoup aux aînés et aux adultes. Pour tous ceux qui veulent s'amuser beaucoup et s'instruire un peu.

La maison de l'écureuil. (c) Les Grandes Personnes.








Prolifique, Philippe UG est également l'auteur des livres animés "Tout au fond" (Les Grandes Personnes), réalisé en sérigraphie entre noir d'encre, bleu abyssal et orange fluorescent, qui présente différents animaux aquatiques dans les fonds marins et "Le petit peuple du sol" (Les Grandes Personnes) où cinq délicates sculptures de papier mettent en scène différents champignons et le petit peuple d'insectes qui vit autour.


Le plus construit


5 maisons
Dominique Ehrhard
Les Grandes Personnes
16 pages

Si je vous dis Maison Schröder, Villa Savoye, Villa Cavrois, Case Study House N° 8, Paper House, vous me répondez les noms des architectes Gerrit Thomas Rietveld, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Robert Mallet-Stevens,  Charles et Ray Eames et Shigeru Ban. Mais si je vous dis que ces cinq maisons extraordinaires qui ont marqué le XXe siècle font l'objet de modèles de papier miniaturisés, me croirez-vous? C'est pourtant ce qu'offre cet album animé en format à l'italienne, vraiment étonnant, véritable déclaration d'amour de l'auteur à l'architecture. Les maisons en relief sont évidemment complétées des biographies de chacun des architectes.

La Villa Cavrois. (c) Les Grandes Personnes.


Le plus compliqué


Histoires de formes
Andy Mansfield
traduit de l'anglais
Seuil Jeunesse
24 pages

Après les livres animés "Histoires de lignes" et Histoires de points", (lire ici et ici), l'ingénieur britannique met la barre un peu plus haut. Il s'agit de répondre à ses consignes, en résolvant des casse-têtes ludiques et graphiques sur les formes de plus en plus compliqués au fur et à mesure qu'on avance dans l'ouvrage. On part de "trouver un cercle bleu clair" alors qu'on se trouve devant un demi-cercle rouge. Heureusement qu'il y a des tirettes à tirer. Et puis les choses se compliquent. Une première approche ludique de la géométrie et de la logique. Pour tous dès 6 ans.


Le plus décevant


Le grand livre pop-up
Ernest et Célestine
Gabrielle Vincent
Casterman
10 doubles pages

Un livre-théâtre animé sur l'univers de Gabrielle Vincent. Pourquoi pas? D'autant que les images sont agréablement mises en relief dans les sept petits tableaux présentés. On y reconnaît la patte et le charme de l'auteure-illustratrice disparue, mais on ignore de quel album les images proviennent. Mais le texte qui est placé en regard! Des lettres qu'Ernest adresse à Célestine pour lui dire son amour, qui n'ont jamais existé sous la plume de l'auteure-illustratrice, rédigées par l'équipe éditoriale de Casterman Jeunesse. On est vraiment dans l'émocratie à fond. Des torrents de bons sentiments assénés noir sur blanc alors que tout le talent de Gabrielle Vincent a été de faire percevoir la tendresse, la complicité et l'amour entre ses personnages sans rien en dire de face ou si peu. Du gâchis qui risque hélas de plaire.

Le premier tableau du livre-théâtre. (c) Casterman.




jeudi 23 novembre 2017

Le livre animé s'anime et passe aux enchères

Logo créé par Anouck Boisrobert et Louis Rigaud.

Bon, je ne rappelle pas qu'un livre animé ou pop-up est un livre, en gros, qui se déploie en trois dimensions lorsqu'on en tourne les pages grâce à d'ingénieux systèmes réalisés en papier. Quelques artistes s'y consacrent à fond, Philippe UG, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, Marion Bataille, pour citer quelques artistes de chez nous, David A. Carter, Robert Sabuda ou Jan Pieńkowski, de l'autre côté de l'océan. D'autres le font de manière plus épisodique, Marion Bataille, Joëlle Jolivet, Gérard Lo Monaco, par exemple. Tous réalisent de petits prodiges visuels, enchanteurs pour ceux qui ont la chance de les manipuler.

Le Grand Cirque international est un des livres animés les plus connus.

Les Libraires Associés de Paris, organisateurs du Salon du livre animé ont décidé d'en fêter le dixième anniversaire en mettant sur pied la première Fête du livre animé. Expositions, signatures, tirages spéciaux, ateliers, conférences... ont lieu dans toute la France, et un peu en Belgique, du 20 novembre au 1er décembre. L'occasion aussi de mettre en valeur les créations ou traductions des principaux éditeurs actifs dans le domaine, Les Grandes Personnes, Hélium, Gallimard Jeunesse/Giboulées. Programme complet et agenda ici.

En Belgique (lire ici), plusieurs librairies participent à la Fête du livre animé: Le rat conteur, l'UOPC, Tulitu et Filigranes à Bruxelles, La Parenthèse à Liège, Point-Virgule et Papyrus à Namur, Le Baobab à Braine l'Alleud. Le Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles (CLJBxl) a organisé une formation avec Philippe UG (mais je me suis embrouillée dans mon agenda) et en prévoit une avec Marion Bataille le 7 décembre.

Plus locale mais pas moins intéressante pour autant se tiendra vendredi 24 novembre à Bruxelles la vente aux enchères de la collection de livres animés du célèbre collectionneur Baudouin van Steenberghe (1934-2008). Je l'avais rencontré en 1993, oui, cela ne me rajeunit pas, à l'occasion de l'exposition qu'il avait montée à la Porte de Hal. J'avais écrit ceci.

Des livres qui sautent au visage

Connaissez-vous les "pop-up", ces livres qui, quand on les ouvre, vous sautent à la figure? La porte de Hal en expose 300.

"Je dédie ma collection de "pop-up" à tous les enfants de Belgique et je la confie, pour eux, aux musées royaux d'Art et d'Histoire", proclame Baudouin van Steenberghe, 59 ans et toujours un cœur d'enfant. Collectionneur dans l'âme, il a rassemblé au cours des dix dernières années 600 objets animés (livres, cartes, etc.). Il vient d'en offrir 500 aux musées; 300 sont exposés à partir de vendredi à la porte de Hal.
Quatre niveaux de la tour rénovée permettent de pénétrer l'univers magique des livres animés, ces ouvrages qui, grâce à des mécanismes de pliage, de découpage ou de collage, prennent une allure vivante, en trois dimensions. Ils sont présentés dans des vitrines bien étudiées: des dispositifs font tourner les pages de certains albums, permettant d'admirer le mouvement des images, des miroirs reflètent les faces cachées des pages.
Les enfants pourront animer des scènes grandeur nature, faire surgir des dinosaures par exemple, en manipulant des languettes. Dracula et Frankenstein se sont installés avec quelques amis choisis dans le grenier. Des chauves-souris sont tapies dans la charpente; en manœuvrant des tirettes, on leur donne vie. Effet garanti!
Ces objets animés sont groupés selon une dizaine de thèmes: ancêtres à partir de 1820, réimpressions de créations majeures du XIXe siècle, apprentissages, voyages, nature, sciences et techniques, frissons, contes, jeux, sans oublier Noël.
Plus hardi: des vitrines occultées mais percées d'un œilleton abritent quelques livres réservés aux adultes.
Il est facile de dire que Baudouin van Steenberghe est un grand enfant. Nous préférons le décrire comme un enfant de cœur. Son goût pour les livres animés lui vient de loin: à dix ans, il confectionnait trois cartes de vœux en relief!
Il y a une douzaine d'années, il découvre dans un marché aux puces une boîte-livre, le révélateur d'une nouvelle passion: visible à la porte de Hal, elle comporte 32 images, coloriées à la main, qui s'assemblent sur une longueur de 1,5 m. Ce document datant de 1830 offre un panorama des vêtements européens et asiatiques dans les années 1820-1830.
Jouet, livre, livre-jouet, cette trouvaille est suivie par la série des six livres de "Tintin" animés et en relief (dont seulement deux exemplaires sont exposés). Datant des années 1969-1971, leur particularité est d'avoir été conçus par Hergé pour la filiale française de la société américaine Hallmark.
"Ils sont intéressants sur deux plans", nous explique le tintinologue averti, "d'abord parce que Hergé a conçu des dessins exclusifs pour des histoires que nous connaissons, comme "On a marché sur la Lune" ou "Le Temple du soleil", ensuite parce qu'il a entièrement réécrit les textes à cette occasion."
Pourquoi offrir une telle collection à un musée? Parce que Baudouin van Steenberghe est profondément attaché à l'idée du don gratuit, sans esprit de retour. Il a fait sa collection avec un tel plaisir qu'il souhaite la faire connaître aux enfants et aux adultes. Passionné par l'art et la littérature de jeunesse, cet homme y cherche la beauté et la pureté.
"Ces livres me comblent", dit-il, "car cette pureté passe au travers des regards et des sourires des enfants."
Aujourd'hui, M. van Steenberghe achète encore des livres animés et continue à les offrir aux musées. Si le chiffre des mille exemplaires était atteint, le musée de la porte de Hal serait le premier au monde du genre et Bruxelles pourrait devenir la ville du pop-up!

La vente de la collection que Baudouin van Steenberghe a reconstituée après son don au Musée du Cinquantenaire comportera 114 lots (plus de 1500 volumes) et se tiendra chez The Romantic Agony, 38B-40, rue de l'Aqueduc, 1060 Bruxelles le vendredi 24 novembre à 13 heures (exposition sur demande après consultation du catalogue le jeudi 23 de 10 à 18 heures). Une occasion unique de voir des merveilles d'hier à défaut de les acheter. L'impressionnant catalogue illustré se trouve ici.

La plupart des lots sont composés de plusieurs livres, de plusieurs dizaines à une centaine. Certains présentent de vraies raretés.
Le lot 1 est le rarissime "Cosmographia" de Petrus Apianus, datant de 1551, un des premiers livres animés.
Le 28 un globe miniature.
Le 46  le "Grand cirque international" de Lothar Meggendorfer dans une édition de 1888.
Le 56 est un rare cabinet de curiosités
Le 65 un Manège, où des cavaliers évoluent dans un théâtre de papier.
Le 91 comporte 12 albums de la collection "Les albums hop-là", beaucoup de Walt Disney mais aussi un Babar et un Zig et Puce, datés entre 1934 et 1950.

















A suivre: une sélection de livres animés récemment publiés.





Découvrir la vie domestique d'hier grâce à d'anciennes maisons de poupées

La maison de poupée "Appelboom", haute de 2 mètres.

Les enfants jouent-ils encore avec des maisons de poupées aujourd'hui? Pas sûr mais les maisons de poupées d'hier suscitent toujours la même admiration. Ils pourront en voir plusieurs à l'excellente exposition "Little life" qui vient de s'ouvrir pour un an tout en haut de la Porte de Hal. A la fois ludique et informative. Et présentant des pièces de toute grande qualité. C'est la troisième fois que le lieu s'intéresse aux jouets en rapport avec la vie quotidienne. Il y avait déjà eu les expositions "Des jouets qui font… pouet!" (2013-2014, lire ici) et "Petits soldats de la Grande Guerre" (2015-2016).

L'idée de l'exposition est de faire découvrir la vie domestique des milieux bourgeois par les jouets de leurs enfants. C'est la raison pour laquelle les maisons-jouets exposées sont datées de 1850 et 1920. Les maisons de poupées existaient avant bien entendu, mais comme objets d'exposition et non comme jouets.

La salon de la maison de poupée Charlier.

Un monde miniature ravissant s'ouvre au visiteur qui se promène de pièce en pièce. Six maisons de poupée, quelques chambres de poupées et de nombreux meubles miniatures des années 1850-1920 racontent la vie quotidienne d'une famille bourgeoise de cette époque. Magnifiques, les pièces proviennent de la collection de jouets des Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles (MRAH) et de prêts des Musées du Jouet de Bruxelles et de Malines ainsi que du Musée de la Vie Wallonne de Liège.

Le salon de la maison de poupée attribuée à Victor François Bolant.


Les meubles sont ici faits en plumes d'oiseau.
Avec ses murs décorés d'agrandissements de catalogues anciens de jouets fabriqués en série à Nuremberg, "Little Life" s'ouvre sur le salon, pièce majeure à cette époque. Il fait le lien entre l'extérieur et l'intérieur et surtout accueille les invités. Cette pièce très souvent représentée dans les maisons de poupées a donné lieu à de merveilleuses dînettes miniatures,  à des ensembles de meubles de réception...

On mange alors en famille.
La partie consacrée à la salle à manger présente différents services pour enfants. Au XIXe siècle, manger était important et manger en famille l'était encore plus. On le reproduit donc en jouets. On remarque que les séries d'assiettes, de plats, de verres, de couverts sont de trois tailles: toutes-petites pour les maisons de poupées, petites pour les poupées, réduites pour les enfants.





Une vaisselle pour enfants. La cafetière mesure 13 cm de haut.


Un fourneau en fer.
Les espaces cuisine sont très différents de ceux qu'on connaît aujourd'hui. Manquant de confort et d'hygiène par rapport aux critères actuels, sentant fort, ils sont en général relégués au bout du sous-sol. Mais les cuisinières et les fourneaux fonctionnent souvent, malgré leur petite taille, alimentés par des bougies, de l'alcool à brûler ou du charbon de bois.


Bain mobile puis bain à eau chaude avant l'eau courante.
Même surprise du côté des salles de bain puisque l'eau courante n'était alors pas courante. La baignoire était souvent un bain mobile à remplir. Pour l'hygiène quotidienne, on se contentait d'une cuvette dans la chambre ou dans le boudoir à côté. A noter que dans la maison de poupée présentée, venant de Malines, la salle de bains a été rajoutée plus tard.



Une autre organisation des pièces dans la maison.

Les chambres à coucher ne sont pas oubliées dans l'exposition. Elles rappellent que c'est le temps de la "nursery". Que les enfants y jouent souvent pour ne pas déranger les adultes.

Des poupées de maisons de poupées.

La maison de poupée construite par Jules Charlier, clou de l'exposition.

Au centre de l'exposition se trouve l'impressionnante "Maison de poupée bruxelloise", complètement rénovée et désormais sous atmosphère protégée. Cette maison fermée (mais dont tous les côtés s'ouvrent) reproduit une maison néoclassique construite en 1876, rue Froissart, à Etterbeek. Elle mesure 122 cm de haut pour 179 cm de long et 65 cm de large.   Elle fut construite à la même époque par un ingénieur-électricien, Jules Charlier,  qui y habitait, pour ses nièces. On ne peut qu'admirer son talent et son souci du détail. Vu la profession de son constructeur, elle fut raccordée à l'électricité en 1899.

On retrouve la Maison Charlier en détail dans la publication que Linda Wullus lui consacre, "La maison de poupée bruxelloise" (Musées royaux d’Art et d’Histoire, Fedopress, 40 pages, 2017). Largement illustrée, la brochure parcourt les lieux de pièce en pièce par le texte et par les photos, donnant à voir les innombrables détails qui en font son charme et sa richesse.
Le rez de la maison fait l'objet d'une visite en 3D dans l'exposition.

Une vitrine à atmosphère calculée abrite la maison Charlier.
On voit très bien les différentes pièces de la maison Charlier.

Les maisons de poupées de l'expo

  • La maison de poupée bruxelloise de Jules Charlier, au cœur de l'exposition.
  • Le salon de poupée attribué au fabricant de jouets français Victor-François Bolant
  • La maison de poupée Appelboom, réalisée en Allemagne.
  • La maison de poupée de Mr et Mme Cabus-Stuer, venue d'Angleterre avec une de ses anciennes propriétaires.
  • La maison des sœurs Ghislaine et Andrée Verneuil avec ses cinq étages, rescapée de la Première Guerre mondiale


"Little life" est une exposition extrêmement réjouissante qui plaira aux petits comme aux grands, aux collectionneurs de jouets et aux bricoleurs prêts à se lancer dans l'aventure.


Pratique

L'exposition "Little life" se tient jusqu'au 25 novembre 2018 à la Porte de Hal (Boulevard du Midi 150, 1000 Bruxelles), du mardi au vendredi de 9h30 à 17 heures, le week-end de 10 à 17 heures (fermée les lundis ainsi que les 25/12, 01/01, 1/05, 1/11, 11/11).



Pour compléter la visite, on se rappellera de lire l'extraordinaire livre en petit format, "Un elfe tombé du ciel", de Fougasse (l'école des loisirs, 2012) qui nous arrive en livre pour enfants près d'un siècle après sa création et dont je raconte l'histoire ici.


mardi 21 novembre 2017

Le deuxième numéro de la revue Archipels

Des dessins issus d'un atelier mené par Thisou Dartois illustrent la revue.

Dans la lignée de l'excellent Archipels #1, sorti il y a un an et consacré à "Tourmentes et migrations" (lire ici), voici "Archipels #2", tout aussi réussi, publication culturelle sur l'Europe et les migrations. Titré "Langues d'exil", il poursuit le travail de repérage et de mise en valeur de diverses pratiques artistiques ayant saisi la question migratoire pour interroger la société et réaffirmer la place de l'altérité. Si on retrouve l'équipe belge de Culture & Démocratie dans ce nouveau numéro, l'équipe française a changé de nom: l'Insatiable est l'héritière de Cassandre/Horschamp.

Le deuxième numéro de cette formidable revue continue de défendre le geste artistique comme facteur de développement et d'humanité. Appelle à donner les mots pour penser et imaginer, pour rencontrer l'autre. Suit le concept de "créolisation" cher à Edouard Glissant. Donne à lire différentes expériences de création, formidables tremplins pour découvrir et rencontrer ceux qui ont pris le chemin de l'exil.

Un autre dessin réalisé lors des ateliers réfugiés-étudiants.

Parmi les expériences partagées, il y a celle menée par Thisou Dartois à l'école ESA Saint-Luc de Bruxelles où elle enseigne. Pendant plusieurs mois, elle a travaillé l'année scolaire 2016-2017  avec ses étudiants de dernière année et les résidents du centre pour réfugiés du Samu social d'Ixelles. Elle explique avec autant d'enthousiasme que de simplicité cette démarche qui a suscité mille questions. Ces ateliers ont mené à une exposition et à une publication, "Une pomme parce que c'est doux" (lire ici). Ce sont ces images, crées par des réfugiés et des étudiants qui illustré ce numéro, les photos y apparaissant étant dues à Laetitia Tura.


Réfugiés et étudiants de Saint-Luc ont travaillé ensemble.


Sommaire
Édito | Sabine de Ville | Nicolas Roméas
L'insoutenable légèreté de l'autre | Mathieu Bietlot
# Le maquis des langues
Les usines à espoir d'Aubervilliers | Alicia Jeannot-Lorente
Un trésor poétique municipal | Coline Merlo
Eloquentia, la parole au centre | Valérie Vanhoutvinck
La musique, la transe et la contestation | Régis Meyran
Dessiner les uns contre les autres | Entretien avec Thisou Dartois
# Laboratoires d'hospitalité
"Gérants" d'exil | Entretien avec Nicolas Autheman
Le Good Chance Theatre de Calais à Aubervilliers | Entretien avec Joe Robertson
Sur ce dont l'ordinaire témoigne | Entretien avec Nicole Malinconi
Bagarres au King Créole | Pierre Hemptinne
Se souvenir d'où l'on vient | Entretien avec Martine De Michele
Eschyle internationaliste | Entretien avec Jean-Luc Bonsard
Avignon dans les yeux d'un migrant | Dominique Bela
# Créoliser l'Europe
Miroir, mon beau miroir, dis-moi… | Entretien avec Ivy et Freddy LC2
Maison de l'histoire européenne, les limites de la mémoire | Sabine de Ville
Vents d'est et tumulus | Entretien avec Philippe-Ahmed Braschi
Ouvrir de nouveaux lieux communs | Roland de Bodt
Gassy Marin et le vieux monde | Nimetulla Parlaku
De l'hostilité à l'hospitalité | Nimetulla Parlaku et Nicolas Roméas


Où trouver Archipels #2?

Bruxelles: À livre ouvert , La Licorne, Les Yeux Gourmands, Tropismes, PointCulture Bruxelles
La Louvière: L'écrivain public
Liège: Livre aux trésors
Mons: André Leto, Scientia
Namur: Papyrus, Point-Virgule
Tournai: Chantelivre, Decallonne

Culture & Démocratie s'associe au label United Stages et s'engage à reverser 1,5 euros à la Plateforme citoyenne Bruxelles Refugees à la vente de chaque numéro de la revue.

Diffusion en France par Cassandre/Horschamp.





lundi 20 novembre 2017

Ira-t-on jusqu'à 50 tomes des 50 nuances?

E L James.


Mince alors! Cinq ans après, on n'en a donc pas encore fini avec la saga "Cinquante nuances..." ("Fifty shades") de la Britannique E L James, le nom de plume d'Erika Leonard, née Mitchell en 1963, mariée, mère de deux enfants, ancienne productrice de télé? En effet, un nouveau tome, le cinquième, est annoncé en librairie pour le mercredi 6 décembre. Fameuse Saint-Nicolas! Ce sera "Darker, Cinquante nuances plus sombres par Christian" (traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu, Dominique Defert et Carole Delporte, JC Lattès, 560 pages).

L'éditeur nous en dit qu'il sera encore plus sombre, encore plus dangereux! Waw! Il nous l'annonce ainsi.
Après une liaison passionnée qui s'est achevée dans les larmes et les reproches, Christian Grey est incapable d'oublier Anastasia Steele. Il l'a dans la peau. Décidé à regagner son amour, il s'efforce de réprimer ses désirs les plus troubles et son besoin de tout contrôler pour enfin aimer Ana selon ses conditions. Hélas, son enfance continue de le hanter, d'autant que Christian comprend que Jack Hyde, le patron sournois d'Ana, la veut clairement pour lui seul.
Le Dr Flynn, confident et thérapeute de Christian, parviendra-t-il à l'aider à affronter ses démons? Ou est-ce que l'amour exclusif d'Elena et l'adoration insensée de son ex-soumise, Leila, finiront par le retenir dans le passé? Et si, malgré ses tourments et ses obsessions, Christian réussit à reconquérir Ana, sera-t-il capable de la garder?

Palpitant? Pas pour moi. On peut se faire une toute petite idée du roman avec le premier chapitre de quinze pages en ligne ici.

Rien que la dédicace me désespère: "À mes lecteurs. / Merci de tout ce que vous avez fait pour moi. / Ce livre est pour vous."



Si j'ai échappé aux tomes 2, 3 et 4, "Cinquante nuances plus sombres" (JC Lattès, 2013), "Cinquante nuances plus claires" (JC Lattès, 2013), "Grey, cinquante nuances de Grey par Christian" (JC Lattès, 2015), j'avais été obligée de lire le premier, "Cinquante nuances de Grey" (JC Lattès, 2012).

Voici ce que j'en avais écrit (et je ne regrette rien).

Martine apprend l’érotisme 

"Harlequin pas mort, se dit-on en entamant la lecture du best-seller de E L James – une lecture des plus pénibles tant l'intrigue manque de consistance, l'écriture de qualité et l'humour de finesse. Mais quand on découvre que la vierge Anastasia a deux orgasmes le jour où elle est déflorée, on se dit que c'est "Martine apprend l'érotisme". Comme l'héroïne de Marcel Marlier, tout lui réussit du premier coup – c'est le cas de le dire! Jamais elle ne rate quelque chose dans son apprentissage, fessée, boules de Geisha, menottes, martinet, elle aime tout... Et elle en redemande. C'est son choix. Mais elle nous embête avec ses airs de bonne sœur qui veut sauver le "vilain Christian qui a tant souffert dans son enfance". Ce n'est ni érotique, ni porno, ni sado-maso. Qui peut être surpris parce qu'une fille va, sans culotte, dîner chez ses beaux-parents? C'est juste bécasse. A moins de lire au cinquantième degré, peut-être. C'est trop pour nous."